Pour commencer, un petit zoom biologique s'impose ! Un tendon est une structure fibreuse qui relie les muscles aux os. Il transmet la force créée par la contraction musculaire au squelette, produisant ainsi le mouvement.

Les tendons sont constitués de collagène, de glycoprotéines et de protéoglycanes qui forment des microfibrilles et contiennent environ 70 % d’eau, indispensable à la régularité des microfibrilles. Ces dernières se regroupent pour former des fibres, elles-mêmes assemblées pour former des faisceaux. Ces faisceaux sont alignés dans le sens de la longueur du tendon pour une plus grande solidité.

Les tendons sont très peu vascularisés. Ils sont entourés d’une membrane, l’épitenon, et se trouvent dans une gaine (le paratenon) qui les protège et produit un liquide lubrifiant qui favorise le glissement du tendon dans la gaine.

Comme le squelette, les tendons sont constamment remodelés : de nouvelles fibres se substituent aux anciennes. Ce phénomène de renouvellement céllulaire est notamment dû aux récepteurs nerveux contenus dans l'épitenon, qui signalent au cerveau la tension du tendon, mais aussi la nature du mouvement effectué. Ainsi, il contribue à la perception de notre corps dans l’espace et au maintien de notre posture et de l’équilibre. C'est ce même mécanisme, dans le cadre d'un entraînement sportif bien mené, qui permet de recruter des fibres musculaires pour gagner en masse et en force.

À l’inverse, un effort répété inhabituel sur un tendon peu ou mal entraîné et mal échauffé fragilise sa structure, en particulier au niveau des extrémités du tendon ainsi que dans la zone où s’exerce les plus fortes tensions. La sédentarité et l’âge ont tendance à fragiliser les tendons et c'est là qu'apparaissent les pathologies du tendon !

Alors tendinite, tendinopathie ou trouble musculo-squelettique ?

L’appellation courante de « tendinite » n’est pas totalement correcte, car sauf lorsque la gaine d’un tendon est enflammée, il n’y a pas à proprement parler d’inflammation. Or le suffixe « –ite » signale l’inflammation d’un organe. Par conséquent le terme de « tendinopathie » (« maladie du tendon ») est préférable.

Toutes les parties du tendon peuvent être atteintes : le corps du tendon (tendinopathie proprement dite) ou la partie reliée à l’os (tendinopathie d’insertion ou « entésopathie »). Quelquefois, ce sont les gaines qui entourent les tendons, et dans lesquelles ils coulissent, qui sont touchées. On parle alors de « ténosynovites ».

Les troubles musculosquelettiques (TMS), souvent évoqués dans le cadre de la santé au travail, regroupent à la fois les tendinopathies, mais aussi les troubles musculaires et articulaires.

Comment apparaissent les tendinopathies ?

Les tendinopathies sont dues à la fatigue des tendons : contraintes répétées et repos insuffisant entre les sollicitations. Les fibres endommagées enflent, le tendon s’épaissit et la synovie (le liquide qui les lubrifie) se modifie. Le tendon épaissi ne coulisse plus avec aisance dans sa gaine et le frottement qui en résulte provoque des douleurs et des contractures musculaires dans la zone lésée.

Une tendinopathie survient en général à la suite d’une sollicitation prolongée (utilisation intensive d’un clavier d’ordinateur ou de piano, tricot, jardinage, marche prolongée ou entraînement sportif trop intense) ou à cause du frottement du tendon sur un os ou dans une gaine trop serrée.

La plupart des tendinopathies liées au sport sont dues à des entraînements excessifs, absence ou insuffisance d’échauffements, mauvais gestes techniques, répétition prolongée du même geste, matériel inadapté ou mal réglé, alimentation déséquilibrée, déshydratation.

Mais certaines maladies peuvent entraîner une plus grande fragilité des tendons : diabète, obésité, excès de cholestérol ou d’acide urique, infection dentaire, maladie de Lyme et autres maladies infectieuses transmises par les tiques, brucellose, etc.
De plus, le tabagisme, parce qu’il réduit la vascularisation des tendons, contribue également à l’apparition de tendinopathies.
Enfin, certains traitements sont également susceptibles de provoquer des tendinopathies : antibiotiques, infiltrations de cortisone, anabolisants (« stéroïdes »), statines (contre l’excès de cholestérol), par exemple.

Comment vous en prémunir ?

AVANT L'EFFORT, UN ÉCHAUFFEMENT EST INDISPENSABLE

Dix minutes sont nécessaires pour que les tendons soient préparés et la sollicitation doit être progressive en fréquence et en intensité. Il doit devenir un automatisme comme une sorte de rituel qui précède l’effort !

BUVEZ RÉGULIÈREMENT POUR PRÉVENIR LA DÉSHYDRATATION

Lors d’un effort, l’organisme a besoin d’eau pour compenser les pertes liées à la transpiration, à la respiration et la production d’énergie. Une hydratation insuffisante avant, pendant et après l’effort peut avoir de nombreuses conséquences, bénignes ou graves : tendinopathies, mais aussi crampes, malaises, coups de chaleur, etc.

ÉQUIPEZ-VOUS CORRECTEMENT

Un bon matériel d’entraînement est indispensable pour prévenir les accidents et les maladies liés au sport. Par exemple, des chaussures adaptées au sport pratiqué, au terrain ainsi qu’au poids et aux pieds du sportif réduisent fortement les risques de développer des tendinopathies des membres inférieurs.

ETIREZ VOUS !

Une séance de sport doit être complétée par une séance d’étirements. Outre le fait d’aider au retour au calme, les étirements après le sport aident à prévenir les problèmes tendineux et musculaires en améliorant la perfusion et le drainage musculo tendineux.

FAITES DES PAUSES RÉGULIÈRES

Quelle que soit l’activité que vous pratiquez (sport, jardinage, bricolage, etc.), intercalez des pauses régulières à une activité qui implique des mouvements répétés.

Si malgré tous ces conseils vous développez une tendinopathie voici nos conseils :

En phase aiguë, ménagez ou immobilisez le tendon et sa gaine avec un bandage élastique, par exemple.

Ne l'oubliez pas : le repos est un des traitements les plus efficaces pour soulager une tendinopathie !

Le repos doit toutefois rester relatif, un travail d’intensité progressivement croissante, sous le contrôle d’un kinésithérapeute dans le cadre de la rééducation fonctionnelle, est nécessaire. Elle vise à stimuler la formation de nouvelles fibres de collagène fonctionnelles (parfaitement alignées dans le sens de la longueur du tendon).

Le froid (cryothérapie) calme la douleur alors que la chaleur va encourager l'inflammation. Posez une poche de glace sur la zone enflammée. Placez un linge humide entre la poche de glace et la peau pour ne pas vous brûler. Ne dépassez pas vingt minutes d’application à la fois, avec vingt minutes à température ambiante entre deux applications successives.

Les cataplasmes d'argiles vertes (lien vers article sur l’argile du mois de juillet) peuvent aussi vous soulager. Entourez le cataplasme de film alimentaire pour éviter que l'agile ne se désèche et ne perde ainsi ses qualités.

Le recours à l’ostéopathie est conseillé, en particulier pour corriger les problèmes de posture ou les dysfonctionnements organiques et/ou articulaires pouvant participer à la tendinopathie.

Dans certains cas, le médecin prescrit des médicaments pour lutter contre la douleur, stimuler la cicatrisation ou, le cas échéant, lutter contre l'infllamation. Le paracétamol, peut être prescrit dans la phase aiguë pour améliorer la qualité de vie. Cependant, ils n’ont aucun rôle positif dans la cicatrisation du tendon et peuvent même faussement rassurer la personne sur l’amélioration de l’état de son tendon (et nuire à la phase de repos indispensable). Leur usage doit donc être de courte durée. Les anti-inflammatoires par voie orale ou locale sont réservés aux douleurs provoquées par une inflammation de la gaine qui protège les tendons (ténosynovite). Dans les autres cas, les plus fréquents, leur usage n’apporte aucun bénéfice. L'application d'une crème ou d'un gel à base d'anti-inflammatoires (AINS) peut être proposée. Elle peut soulager la douleur sans présenter les effets indésirables des AINS par voie orale. La plupart de ces traitements locaux sont disponibles sans ordonnance. Les gels contenant du kétoprofène peuvent être à l'origine de réactions de photosensibilité. Les zones traitées avec le gel doivent être recouvertes par un vêtement pour ne pas être exposées au soleil, même voilées, pendant toute la durée du traitement et pendant les 15 jours qui suivent son arrêt.

Dans les cas les plus graves, un recours à la chirurgie peut être indiqué.

Dans le cas de tendinopathies multiples (sur plusieurs tendons), il est probable que l'acidité métabolique en soit la cause. Dans ce cas, il est conseillé de basifier le pH des tissus en recourant à la prise de sels minéraux, notamment le zinc en association avec un drainage de phytothérapie à base de prêle, reine des pré, pissenlit pour favoriser l'élimination des déchets métaboliques.

La prise de silicium au long court peut également s'avérer favorable dans l'entretien de l'élasticité tissulaire.

La magnétothérapie peut être un allié à plusieurs niveaux. Grâce au champ magnétique créé par de puissants aimants, elle aide à :

  • Réduire la douleur et améliorer le mouvement
  • Augmenter le flux sanguin vers la zone douloureuse, contribuant ainsi à la soulager
  • Stimuler la sécrétion de mélatonine et d’hormone de croissance, contribuant ainsi à la guérison.

Il est toutefois indispensable de consulter un médecin pour identifier la cause de votre tendinopathie et y apporter le traitement le plus adéquat.
L'eau magnétisée est également à privilégier pour le drainage et l'hydratation tissulaire.